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selon raphaël lepot, lobbyiste pour le limbourg: l amélioration des liaisons ferroviaires transfrontalières est un élément important de la politique européenne pour les régions frontalières

« J’ai eu l’idée d’inviter EurekaRail à un atelier sur la coopération transfrontalière lors du congrès annuel de la concertation interprovinciale (IPO) à Bruxelles. Les dossiers qui sont aujourd’hui « chauds » à Bruxelles convergent dans EurekaRail. Comme l’IPO venait cette année à Bruxelles pour la première fois, le public comprenait non seulement des responsables et des députés provinciaux néerlandais, mais également leurs collègues européens. Je les ai vus écrire avec beaucoup de zèle, EurekaRail réalise après tout les ambitions de la Commission européenne. »

Raphaël Lepot nous parle de son travail de lobbyiste : « Je suis simplement un fonctionnaire. En tant qu’agent de liaison entre le Limbourg, la Belgique et l’Europe, j’accumule des connaissances, je porte les préoccupations du Limbourg à l’attention de Bruxelles et suis le premier point de contact à Bruxelles pour cette province. » Le Limbourg était présent au congrès de l’IPO avec une délégation de dix personnes pour rassembler le plus de connaissances possible. Habituellement, les provinces organisent le congrès chaque année à tour de rôle. Cette année, on a choisi Bruxelles pour participer à la « European week of Regions and Cities 2018 ». Les jours précédents, il a donc été possible de nouer des contacts avec des collègues des collectivités locales et régionales de toute l’Europe.

Foto: Wouter Roosenboom

Sujets d’actualité à Bruxelles

Par équipes de deux, les provinces s’occupent du programme du congrès. « La coopération transfrontalière » était le thème pour le Limbourg et la Zélande. Raphaël Lepot : « Dans le domaine de la coopération transfrontalière, deux dossiers sont actuellement « chauds » à Bruxelles. Premièrement, le nouveau programme de subventions Interreg pour 2021-2027 qui promeut la coopération aux frontières intérieures de l’Europe. Un nouveau mécanisme juridique est également en cours d’élaboration pour permettre d’appliquer les règles d’un seul pays à l’ensemble du projet dans le cadre d’un projet transfrontalier. Quand on a su le thème, j’ai tout de suite pensé à EurekaRail. L’histoire d’EurekaRail montre comment, en peu de temps, avec un engagement politique et administratif des deux côtés de la frontière et un soutien européen, vous pouvez littéralement relier les villes frontalières. »

« On en croit à peine ses oreilles »

L’atelier EurekaRail a été le premier à être complet lors du congrès. Outre des représentants des provinces néerlandaises, le député européen Matthijs van Miltenburg et des représentants des DG REGIO et MOVE de la Commission européenne ont assisté à la présentation. Comme le raconte Raphaël Lepot, « Les auditeurs n’en croyaient pas leurs oreilles que l’on puisse atteindre tant de choses en si peu de temps. La méthode EurekaRail s’est avérée très efficace et donc intéressante pour les autres provinces frontalières des Pays-Bas et de toute l’Europe. Dans la pratique, il n’est pas du tout facile de répertorier les chaînons manquants avec les responsables administratifs et les fonctionnaires de l’autre côté de la frontière, et de créer un soutien pour trouver des solutions. Nous en savons trop peu sur ce qui se passe de l’autre côté de la frontière et sur la façon dont les gens pensent et travaillent là-bas. Comment l’administration y est-elle organisée et comment fonctionne le processus décisionnel ? En tant que lobbyiste, je relie ces mondes politiques les uns aux autres. »

Vivre près de la frontière rapporte des milliards d’euros aux régions

« D’un point de vue régional, la coopération transfrontalière offre un énorme potentiel économique. Faciliter le travail, les études et le recours à des infrastructures par-delà la frontière peut générer des milliards d’euros pour la zone frontalière, le Limbourg se situant au centre de cette région. Des trains internationaux rapides et fiables, dotés d’un système de billetterie simple, contribuent directement à la mobilité de la main-d’œuvre et au climat d’implantation pour les entreprises. Je voyage chaque semaine en train entre Bruxelles et Maastricht. Quand je dois une fois de plus annuler un rendez-vous parce que je manque la correspondance à Liège, je rêve d’une liaison directe interurbaine. Mike Lücker, chef de projet, a impressionné en présentant l’image de trois distributeurs de billets différents à la gare de Maastricht : celui des NS, d’Arriva et de la SNCB, (opérateur ferroviaire belge). En tant que pouvoir public, nous pouvons faire beaucoup mieux ! »

Rendre l’UE concrète et être ambitieux

« L’histoire d’EurekaRail pendant l’atelier permet de montrer aux citoyens ce que « l’Europe » fait pour eux. Surtout maintenant que les élections européennes sont de nouveau prévues pour l’année prochaine, de bons exemples comme EurekaRail contribuent à rendre l’Europe concrète ! La coopération internationale avec le soutien de l’UE fait toute la différence dans les zones frontalières. Citons par exemple les problèmes que les frontaliers ont eus avec les frais d’itinérance parce que leurs téléphones portables se connectaient à un réseau allemand ou belge sans que cela ne leur soit signalé. Ce problème a été résolu au niveau européen l’année dernière en supprimant ces coûts au sein de l’UE. Mais ensemble, nous devons être encore plus ambitieux en Europe. C’est en fait fou de se dire que nous aurons seulement maintenant le premier train trois-pays reliant directement Aix-la-Chapelle, Maastricht et Liège. »